Orthographe

L’accord des adjectifs de couleur au pluriel

L’adjectif qualificatif s’accorde en genre (féminin ou masculin) et en nombre (singulier ou pluriel) avec le nom auquel il se rapporte.

Exemple : La méchante reine portait des gants rouges.

L’adjectif méchante s’accorde avec le nom reine et l’adjectif rouges avec gants.

Mais il existe des exceptions…

I. Les couleurs en tant qu’adjectif

1. Ceux qui ne s’accordent pas.

Lorsque l’adjectif est issu à l’origine d’un nom commun, il reste invariable.

C’est le cas des adjectifs issus de noms :

  • de fleurs, de plantes et d’arbres (absinthe, acajou, amarante, ébène, fuchsia, indigo, paille, pastel, pervenche…);
  • de fruits (abricot, amande, cerise, citron, marron, noisette, olive, orange… );
  • de métaux et de minéraux (aigue-marine, albâtre, ambre, argent, brique, bronze, grenat, ocre, or, turquoise, vermillon…);
  • d’animaux (carmin, chamois, corail, pie, saumon…).

Exemple : La méchante reine a rapporté les gants rouges qu’elle avait achetés pour les échanger contre des gants orange.

Puisque l’orange est un fruit, l’adjectif ne s’accorde pas.

Wikipédia propose une liste (non exhaustive) des adjectifs de couleur invariables ayant pour origine des noms propres, des noms communs ou des mots étrangers.

2. Ceux qui font de la résistance.

Cependant, les adjectifs rose, écarlate, fauve, incarnat, mauve et pourpre s’accordent.

Exemple : La méchante reine a perdu ses gants orange. Très en colère, elle vola à une petite fille ses gants roses.

Rose est un nom de fleurs, il ne devrait donc pas s’accorder, mais il fait partie des exceptions.

3. Ceux qui sont composés.

Les adjectifs composés ne s’accordent jamais.

Exemple : Mais, plus que tout au monde, la méchante reine regrettait d’avoir perdu ses gants bleu pâle, qui s’harmonisaient si bien avec ses tenues.

Bleu pâle est un adjectif de couleur composé qui ne s’accorde pas. Mais si l’adjectif pâle n’avait pas été présent, on aurait écrit ses gants bleus.

De plus, si la locution adjectivale est composée de deux adjectifs de couleur, un trait d’union les lie, et l’ensemble reste là aussi invariable.

Exemple : La reine avait toujours détesté les gants bleu-vert.

Voici deux vidéos complémentaires qui expliquent ces règles :

II. À vous de jouer !

1 – Les blasons de la méchante reine sont (émeraude/émeraudes).

Les blasons de la méchante reine sont émeraude.

Émeraude est un nom de pierre.

2 – Le prince a des yeux (marron/marrons) et des joues (écarlate/écarlates).

Le prince a des yeux marroet des joues écarlates.

Le marron est un fruit alors que écarlate fait partie des exceptions.

3 — Blanche-Neige offre à la méchante reine un bouquet de roses (rouge/rouges).

Blanche-Neige offre à la méchante reine un bouquet de roses rouges.

Ici roses est un nom commun. Rouges s’accorde donc avec le nom roses.

4 — Le prince porte deux sacs (kaki/kakis) dans lesquels il transporte des fleurs (mauve/mauves).

Le prince porte deux sacs kaki dans lesquels il transporte des fleurs mauves.

Le kaki est un fruit et mauve fait partie des exceptions.

5 – La méchante reine jette le bouquet de Blanche-Neige à la poubelle. Il n’y a que les fleurs (bleu pâle/bleues pâles) qu’elle apprécie car elle lui rappelle la couleur de ses anciens gants disparus.

La méchante reine jette le bouquet de Blanche-Neige à la poubelle. Il n’y a que les fleurs bleu pâle qu’elle apprécie car elle lui rappelle la couleur de ses anciens gants disparus.

Bleu pale est un adjectif composé. Il ne prend donc pas la marque du pluriel.

Pour quelques exercices supplémentaires, vous pouvez suivre les liens suivants :

Nous venons de voir les règles d’accord pour les adjectifs de couleur. Mais, pour aller plus loin, nous pouvons également nous intéresser à l’accord des noms composés de couleur…

III. Les couleurs en tant que noms

1. Ceux qui restent invariables.

Exemple : Les bleu-vert de l’océan sont magnifiques.

Si deux noms de couleur sont utilisés ensemble, ils restent invariables, et ils sont reliés par un trait d’union.

Ici on retrouve deux noms de couleur (bleu et vert) qui forment un nom. L’ensemble est donc invariable.

2. Ceux qui s’accordent à moitié.

Exemple : Les bleus azur de la mer sont très reposants.

La marque du pluriel se trouve uniquement sur le premier nom si celui-ci est suivi d’un autre nom qui, lui, n’est pas une couleur.

3. Ceux qui s’accordent normalement.

Exemple : Les bleus foncés de ce tableau sont très beaux.

Si l’ensemble est formé d’un nom de couleur (ici bleus) et d’un adjectif (ici foncés), la marque du pluriel est présente sur les deux éléments.

La règle d’accord énoncée au tout début de l’article s’applique donc puisque l’adjectif foncés s’accorde en genre et en nombre avec le nom bleus auquel il se rapporte.

Vous pouvez visiter le lien suivant pour en savoir plus :

Il faut donc veiller à tenir compte de la nature des mots employés pour les accorder correctement.

Les anacoluthes : comment les reconnaître

La présence d’une anacoluthe signifie que la phrase possède une mauvaise construction grammaticale.

Il est donc important de les reconnaître.

I. C’est quoi une anacoluthe ?

Voici la définition qu’en donne le Larousse en ligne :

Rupture ou discontinuité dans la construction d’une phrase (par exemple Rentré chez lui, sa femme était malade).

L’exemple donné est composé de deux propositions :

- « Rentré chez lui » se compose d’un participe passé (rentré, conjugué au masculin singulier), d’une préposition (chez) et d’un pronom personnel (lui).

- « sa femme était malade » se compose d’un groupe nominal (sa femme), d’un verbe d’état conjugué (était) et d’un adjectif (malade).

II. Alors, c’est quoi le problème ?

« Rentré » est ici un participe passé qui a valeur d’adjectif. Et un adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie.

Or, le seul nom présent dans la phrase est femme. Et, en lisant l’exemple, on comprend bien que l’on parle de deux personnes différentes. On ne peut donc pas accorder rentré avec femme.

Nous nous retrouvons donc bloqués !

III. Comment la phrase peut-elle devenir correcte ?

Il existe plusieurs solutions.

On pourrait écrire :

Rentré chez lui, l’homme posa ses clés sur la table de la cuisine.

Cette fois-ci, la phrase est correcte, puisque rentré se rapporte bien au nom l’homme.

Mais on pourrait également écrire :

L’homme rentré, sa femme l’accueillit en éternuant plusieurs fois.

Cette fois-ci, on a rajouté un nom devant le participe passé. Rentré s’accorde donc avec l’homme.

Si ces explications manquent de clarté, vous pouvez regarder les deux vidéos suivantes qui donnent quelques exemples supplémentaires d’anacoluthes :

IV. Qu’avons-nous appris ?

Pour résumer :

- Un participe passé ayant pour valeur d’adjectif s’accorde avec le nom qu’il qualifie.

Exemple : Aidée par un ami, Teresa a pu terminer son exercice de mathématiques.

- Le nom peut être présent avant le participe passé qui a valeur d’adjectif. (On parle alors de proposition participiale.)

Exemple : Mon gâteau terminé, j’ai pu regarder la télévision.

Les noms propres qui prennent la marque du pluriel

Communément, les noms propres s’écrivent avec une majuscule, et ne prennent jamais la marque du pluriel. Mais, bien sûr, il existe quelques exceptions…

I. Trois cas où les noms propres s’accordent

1 – Lorsque l’on parle de l’ensemble d’une population ou de l’ensemble de lieux géographiques, ces noms prennent la marque du pluriel.

Exemples : les Français, les Antilles.

2 – Si les noms de famille restent généralement invariables, les noms qui font partie de certaines dynasties illustres s’accordent au pluriel.

Exemples : les Bourbons, les Tudors, les Capets, les Stuarts.

Exception : Certains noms de famille non francisés demeurent par contre invariables (les Habsbourg) et le pluriel n’est pas admis pour certains noms (les Napoléon, les Bonaparte).

3 – Certains noms de famille peuvent également s’accorder lorsqu’ils désignent des types de personnes.

Exemples : les Balzacs, les Zolas.

Ces noms désignent des romanciers célèbres.

II. Exercice d’application

1 — Les (Capétien/Capétiens) … font partie des grandes lignées de rois mythiques.

Les Capétiens font partie des grandes lignées de rois mythiques.

2 — Jeanine a fait deux voyages aux (Philippine/Philippines) … .

Jeanine a fait deux voyages aux Philippines.

3 — Édith tombe très souvent dans les filets des (Casanova/Casanovas) .… qui croisent sa route.

Édith tombe très souvent dans les filets des Casanovas qui croisent sa route.

Casanova qui, d’ailleurs, a été violoniste, écrivain, espion, diplomate, bibliothécaire… 

4 — Les frères (Bogdanoff/Bogdanoffs) … savent tout faire !

Les frères Bogdanoff savent tout faire !

Ils savent peut-être tout faire… Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont un « s » à la fin de leur nom !

5 — Les (Grec/Grecs) … et les (Bulgare/Bulgares) … sont connus pour leurs délicieux yaourts.

Les Grecs et les Bulgares sont connus pour leurs délicieux yaourts !

C’est Leslie qui serait contente ! Si vous ne la connaissez pas, c’est normal, c’est un personnage de mes romans. Et, oui, j’étais obligée de faire cette blague !

6 — Tu préfères skier dans les (Pyrénée/Pyrénées) … ou dans les (Alpe/Alpes) … ?

Tu préfères skier dans les Pyrénées ou dans les Alpes ?

En ce qui me concerne, je ne sais pas skier. Donc la question ne se pose pas…

Et voilà, les noms propres n’ont plus de secrets pour vous ! Mais si vous désirez effectuer quelques exercices supplémentaires, vous pouvez suivre les liens ci-dessous :

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir une nouvelle règle d’orthographe !

8 fautes d’orthographe que j’ai faites pendant longtemps

Ah les fautes d’orthographe… On a beau connaître certaines règles grammaticales par cœur, certaines fautes arrivent toujours à se glisser dans nos textes…

I. Mes fautes d’orthographe

Je vous propose donc de découvrir ici huit fautes que j’ai faites pendant longtemps. À chaque fois, la faute est cachée dans un texte… Vous pouvez essayer de la trouver ou regarder directement la partie sous spoiler qui s’intitule « erreur ».

Les exemples sont tirés du roman Twisted Tales Un jour ma princesse viendra de Jen Calonita en rajoutant des fautes d’orthographes.

C’est parti ! 😀

1 — Ils avaient également évoquer une chambre où la reine passée le plus clair de son temps à parler à quelqu’un – alors que personne d’autre n’entré ou ne sortait de cette pièce.

(p 31)

Ils avaient également évoqué une chambre où la reine passait le plus clair de son temps à parler à quelqu’un – alors que personne d’autre n’entrait ou ne sortait de cette pièce.

Pendant longtemps… J’étais fâchée avec la conjugaison de certains verbes. Entre l’infinitif (-er), l’imparfait (-ait) ou le participe passé (-é), ces différentes formes verbales se prononçaient de la même façon mais s’écrivaient différemment… Ce qui a pu me coûter pas mal de points lors de mes dictées…

2 — La cadette s’était immédiatement habituée à cette nouvelle vie. Elle aimait « ne faire qu’un avec la nature ». Rien ne la passionnait davantage que le défit de faire pousser une plante réticente.

(p 80)

La cadette s’était immédiatement habituée à cette nouvelle vie. Elle aimait « ne faire qu’un avec la nature ». Rien ne la passionnait davantage que le défi de faire pousser une plante réticente.

Le nom commun « défi » ne prend pas de t. L’orthographe « défit » n’est correcte que lorsqu’il s’agit du verbe « défaire » conjugué au passé simple. Raison pour laquelle le correcteur orthographique de Word n’a jamais été chagriné quand j’écrivais « un défit »…
On notera également que les noms masculins qui se terminent par le son [i] peuvent s’écrire de quatre manières différentes :
— «‑i » comme dans l’oubli.
— «‑ie » comme dans un parapluie.
— «‑is » comme dans un radis.
— «‑it » comme dans un délit.
Mais il existe aussi des terminaisons plus rares comme dans « du persil » ou un « prix ».
Bon… Du coup, on peut considérer que c’est la faute de la langue française si je faisais cette erreur, non ? 

3 – Blanche se faufila entre les arbres cauchemardesques : desséchés, décharnés, noirs comme les plumes d’un corbeau, dépourvus de feuilles. La forêt était belle et bien morte.

(p 102)

Blanche se faufila entre les arbres cauchemardesques : desséchés, décharnés, noirs comme les plumes d’un corbeau, dépourvus de feuilles. La forêt était bel et bien morte.

« Bel et bien » est un adverbe. Il reste donc invariable. Mais, entre nous… On a tous eu envie de l’accorder un jour, non ?

4 — L’un des hommes la toisa d’un air mauvais :

— Qui êtes-vous ? Que faîtes-vous chez nous ?

(p133)

L’un des hommes la toisa d’un air mauvais :
— Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez nous ?

Pendant longtemps, j’ai voulu ajouter un accent circonflexe sur le i. Surtout que, une nouvelle fois, je ne pouvais pas compter sur le correcteur de Word… Puisque le mot « faîtes » existe aussi ! Il s’agit d’un nom commun qui désigne l’arête supérieure d’une toiture. Bon, je ne sais pas vous, mais ce n’est pas un nom que j’utilise tous les jours…

Il se trouve que je commettais aussi cette faute pour le verbe « dire ». Sauf que le verbe dire conjugué au présent ne prend pas d’accent. Il s’écrit dites. Par contre, s’il est conjugué au passé simple, il s’écrit avec un accent. Ce que Word semblait lui aussi ignorer…

5 — Croyait-il qu’elle venait le voler ? Mais elle ne faisait que reprendre ce qui était à elle. Elle avait réparé le miroir, elle l’avait entretenu. Il s’était donné à elle. Il faisait parti d’elle, désormais.

(p 154)

Je peux également vous dire que Allociné a fait cette même faute dans le synopsis ci-dessous. (Et pour ceux qui se poseraient la question, il s’agit du synopsis de Tiny Pretty Things, série que je ne pense pas regarder).

Une erreur s'est glissée dans ce texte : faire partie s'écrit avec un "e" à la fin de partie.

Croyait-il qu’elle venait le voler ? Mais elle ne faisait que reprendre ce qui était à elle. Elle avait réparé le miroir, elle l’avait entretenu. Il s’était donné à elle. Il faisait partie d’elle, désormais.

« Faire partie » s’écrit toujours avec un « e » à la fin. Peu importe le sujet qui le précède. Voilà au moins une règle facile à mémoriser !

6 — Elle imaginait déjà tout ce qu’elle pourrait faire pour rendre au royaume son lustre d’antan, le faire prospérer comme il prospérait sous le règne de ses parents. Elle redresserait les tords subis par les mineurs.

(p 253)

Elle imaginait déjà tout ce qu’elle pourrait faire pour rendre au royaume son lustre d’antan, le faire prospérer comme il prospérait sous le règne de ses parents. Elle redresserait les torts subis par les mineurs.

Là encore… Je faisais une confusion entre le verbe « tordre » et le nom « tort ». Et, une nouvelle fois, je ne pouvais même pas compter sur le correcteur de Word pour me corriger !

7 — Blanche était si bouleversée qu’elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle avait passé ses bras autour de son cou. 

(p 283)

Blanche était si bouleversée qu’elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait passé ses bras autour de son cou.

Le participe passé « rendu » dans l’expression « se rendre compte de » ne s’accorde pas avec son sujet.

8 — Blanche hocha la tête. Elle comprenait la méfiance de l’homme, au vue de leur apparence. Henri était blessé au front, et ils étaient tous les deux couverts de poussière.

Blanche hocha la tête. Elle comprenait la méfiance de l’homme, au vu de leur apparence. Henri était blessé au front, et ils étaient tous les deux couverts de poussière.

« Au vu » est un adverbe. Il est donc invariable. 

Bonus : A minima.

Si la locution adverbiale a minima est parfois utilisée dans le sens au moins, ce n’est pas correct.

Voilà la définition qu’en donne l’Académie Française :

La locution a minima s’emploie dans le domaine du droit, et se rencontre dans l’expression appel a minima, qui signifie que le ministère public fait appel pour augmenter une peine qu’il juge en inadéquation avec la faute commise. Cette locution, tirée du latin juridique a minima poena, « à partir de la plus petite peine », appartient donc à une langue spécialisée et ne doit être employée que dans ce cadre. On ne doit pas en faire un synonyme de tours comme au moins ou au minimum.

En résumé… À moins que vous ne soyez avocat, n’utilisez pas cette expression.

II. Parce que je ne suis pas la seule à faire des fautes…

Envie de découvrir d’autres fautes d’orthographe courantes ? Vous pouvez regarder la vidéo suivante, proposée par la maison d’édition Hélène Jacob.

III. Parce que la langue française, c’est subtil…

Cette vidéo, proposée par la chaîne Tedx Talks, revient sur certaines particularités de la langue française, tout en faisant preuve d’humour.

IV. Parce que les fautes d’expression, c’est drôle aussi !

Certaines traductions peuvent donner lieu à des phrases quelque peu… particulières. N’hésitez pas à aller jeter un œil sur cet article : top 25 des pires traductions.

J’avoue bien apprécier la deuxième image que je vous laisse découvrir ci-dessous…

Emballage carton d'un plat préparé qui indique : Assiette végétarienne avec la participation de légumes.

Après tout… L’important, c’est de participer, non ?